Rebondir (par Jeanne Morisseau)

La renaissance du néo chercheur d’emploi ou comment« rebondir »

Ce texte s’adresse à toute personne ayant perdu son travail, que ce soit dû à la rupture ou la fin d’un contrat, d’une maladie, burn out ou congé maternité, d’un isolement géographique, d’un deuil, de la nécessité d’offrir son assistance à un proche… Enfin, toutes les situations où l’on se retrouve projeté dans une inactivité subie et parfois subite. Maintenir une bonne santé physique ou mentale est une clef essentielle. Dans le cas d’une dépression ou d’un gros spleen, suite à la mise hors circuit de la sphère sociale, il est important de se faire aider, donc de consulter un docteur, un psy quelconque ou d’être soutenu par des associations qui offrent une assistance, un encadrement dans le cadre de sa recherche d’emploi. Des conseillers spécialisés dans ce domaine, et formés à la psychologie, peuvent orienter et donner des perspectives nouvelles en entourant, guidant la personne en perte d’elle-même, et en engageant un travail de fond avec elle, c’est le cas de Mirp Grenelle. La souffrance, liée au sentiment d’abandon, à la colère ou l’inacceptation, dans le cadre d’un retour à l’inactivité, est inutile, tout comme il est inutile de rester avec un mal de tête quand on dispose d’un tube d’aspirine. Par ailleurs, le travail, qu’on l’aime ou non, est un repère dans sa journée. C’est un guide spatio-temporel qui rythme les heures du jour, comme les repas ou le sommeil… S’arrêter brutalement de travailler provoque un dérèglement dans son équilibre. Le comprendre permet de mieux se préparer et en quelque sorte de « se pardonner » d’aller mal. La personne qui perd son travail se sent souvent perdue et inutile, rejetée au ban de la société et peut, par conséquent, développer une forme de culpabilité. Elle ne gagne plus d’argent ou vit crochet de l’état. Et les ressources financières sont souvent comme une peau de chagrin, ce qui augmente le stress et la déprime, sans même parler du regard de l’autre, famille, amis, qui mortifie celui qui n’a plus rien, et se sent comme dépossédé de tout – dignité, rôle dans la société, pouvoir d’achat. Il est facile de plonger à ce moment là quand toutes les alertes sont amplifiées. D’où l’importance de développer un état d’esprit positif, ce qui est beaucoup plus facile à dire qu’à observer en matière d’argent. A part la mise en action, la méthode Coué ou la prière, il n’y a malheureusement pas grand-chose à faire. C’est le moment de révolutionner sa vie, d’être à l’écoute de ses intuitions et des opportunités si elles se présentent, en tout cas de garder l’espoir. C’est pourquoi il est préférable d’être accompagné et d’effectuer un travail en profondeur sur soi-même. Car plus la douleur de se retrouver sans emploi est grande, plus il est essentiel de prendre du temps pour soi, du recul, se reconstruire et chercher de l’aide quand on se sent déraciné et trop seul. Maintenir ou développer d’autres activités, qui nous renvoient une bonne image de nous-même, peut nous aider à prendre de la distance avec les difficultés rencontrées dans notre vie quotidienne. Pour nous divertir, on peut par exemple pratiquer le sport, la méditation, sortir avec des amis, se ressourcer dans la nature ou se lancer dans une quête culturelle ou spirituelle. C’est le moment, si on le peut, d’incarner ses envies car le plaisir nous donne de la joie et positive la vision que l’on a de nous-même ; et l’estime de soi est un point essentiel dans la (re)construction de soi et donc pour aller mieux. Il faut donc arrêter de se dire qu’on est nul ou qu’on a tout raté. Cette situation qui nous oblige à tout remettre en question – notre rapport à nous-même et au monde – est peut-être la chance de notre vie. L’important est donc de bouger, changer son esprit pour ne surtout pas rester confiné entre ses quatre murs en proie à ses angoisses existentielles. Quand on commence à se lancer dans des actions concrètes vis-à-vis d’employeurs potentiels, il ne faut pas se décourager du silence et des non-réponses qui peuvent s’ensuivre. Ceux-ci nous questionnent sur nos méthodes ou notre être profond. Il faut savoir lâcher prise et se dire qu’on a le droit à l’erreur ou la maladresse, qu’on cherche encore ses marques. Mais il est important de comprendre que souffrir de l’indifférence, c’est rester dans la tristesse de l’isolement. Certaines associations, comme Mirp Grenelle, proposent d’adhérer librement à un groupe de recherche d’emploi sur une base hebdomadaire. Outre échanger les expériences, les perspectives et les idées, le chercheur d’emploi participe à une aventure collective, guidée par des conseillers professionnels, qui assurent son suivi individuel par ailleurs. Il n’est alors plus seul car entouré de personnes subissant, peu ou prou, les mêmes épreuves. Il développe son sens de la solidarité, et apprend, à terme, à force de pratique, à se présenter en public et sans peur, ce qui est fondamental lors d’entretiens d’embauche. Sans compter les amitiés qu’il peut nouer à l’extérieur avec certains membres choisis de ce groupe. Pour en revenir au silence possiblement enduré suite à ses démarches dans un premier temps souvent embryonnaires, et pour reprendre la métaphore du cachet d’aspirine, celui-ci, quand on l’absorbe met un laps de temps à agir, mais peu à peu, la douleur perd de son intensité au point que l’on finit par l’oublier complètement. De la même façon, plus on prend du recul, plus on analyse sa situation à la lumière des découvertes positives que l’on peut faire sur soi-même, à l’issue de son travail introspectif. On s’organise autour de ses besoins, en mettant en place des actions concrètes en vue de s’en sortir sur le long terme, c’est-à-dire se sortir de son propre enfer. Il est aussi très important de prendre en considération l’état déplorable du monde du travail. Le taux de chômage n’est pas de notre fait. Nous ne sommes tout simplement pas responsables des carences de l’emploi. Tout ça n’est pas de notre faute. On est victime, certes, mais cette situation n’est pas inéluctable à condition de se donner les moyens d’agir en combattant, avec courage, espoir, discipline et détermination. Ce faisant, il est important de se réjouir des petits succès ou bonheurs qui marquent des phases de progrès ou de compensation dans notre vie. Un peu comme on dit : « C’est bon signe ! » quand quelque chose de doux, de joyeux nous arrive qui prend les couleurs de la bonne nouvelle inattendue ou inespérée. Dans ces moments-là, on sent que nous ne sommes pas abandonnés à notre triste sort. Quelque chose se passe qui nous permet d’être plus positif à l’égard du futur. Un autre point très important est la confiance en soi. Avoir foi en soi, c’est valoriser son expérience, son vécu professionnel ou autre, et mieux comprendre ses champs de compétence. Ça permet de mieux les appréhender et les mettre en forme simplement, en les valorisant. Chérir ses acquis, c’est exprimer notre richesse intérieure liée à notre passé. Un travail intérieur de transformation et d’acceptation de soi, de ses souffrances passées est ici essentiel. Sans harmonie, confiance ni paix intérieures, il est difficile de se faire valoir, d’attirer la sympathie et donc d’accéder au monde. Pour s’ouvrir à celui-ci, il est nécessaire de bien définir son profil. L’améliorer, l’affiner avec précision, concision, clairvoyance, et ainsi soigner son approche de communication pour développer ses propres réseaux. Aller vers l’autre, à sa rencontre, lui signaler que l’on existe, constituent souvent l’issue de sortie numéro un. Parallèlement à ce cheminement, il est intéressant d’ouvrir d’autres portes et d’explorer de nouvelles pistes. Se poser la question : « Qu’est-ce que j’aime ou aimerais faire par dessus tout ? ». Que dit l’enfant en nous ? Se souvenir. Si on a du temps devant soi, il est peut-être temps de réfléchir à sa vie, d’en comprendre ses rouages ou ses mécanismes de répétition si le sentiment d’échec est très fort, et donc destructeur ou aliénant. Le pardon est souvent la clef à tous les problèmes, qui vient juste après l’acceptation. Proposer une belle image de soi au « sauveur » que serait notre futur employeur, c’est augmenter son rayonnement. Il est important de « donner envie ». L’envie pour lui de nous découvrir, nous intégrer dans son environnement. En soignant son approche du monde par une attitude vraie et naturelle, fondée sur la sérénité et un détachement, ou de beaux outils de communication (CV, lettre de motivation, photo), on s’apercevra qu’être soi-même est le meilleur atout pour la vie. Ainsi, pour accéder au succès, se démarquer des autres par notre originalité, humaniser notre propos, exprimer ce qui fait de nous un être unique et en quoi notre personnalité et notre parcours sont si spéciaux et riches, voilà ce qui fera la différence auprès de personnes – car les directeurs des ressources humaines sont avant tout des personnes – qui s’ennuient de voir des gens ternes, angoissés, forgés dans un même moule ou sans pétillance, se pointer à des entretiens pénibles pour proposer des services et des compétences auxquels ils ne croient pas eux-mêmes. L’audace, en ce domaine, est souvent récompensée. Quoiqu’il arrive, avancer, c’est s’acheminer, et ce parcours, souvent siège de lutte contre ses propres démons ou faiblesses, n’est pas fait que de souffrance. Il est porteur de vie.

Jeanne Morisseau 09/01/2016